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LA FILLE DANS LE VERRE, de Jeffrey Ford

Posté par jellybells le 1 août 2010

la fille dans le verre jeffrey ford

« Arnaquer des riches crédules en organisant chez eux des séances de spiritisme est une chose, être soi-même la victime d’une sorte d’hallucination inexplicable en est une autre. Schell, illusionniste de talent, bien placé pour être le plus sceptique des hommes, a pourtant bien vu dans le reflet d’une baie vitrée l’image d’une fillette disparue. Fantôme ? Hallucination ? Mauvaise farce ? Dans l’Amérique en crise puritaine et hypocrite de la prohibition et alors qu’en Europe les thèses nazies donnent de la voix, Schell, accompagné d’un immigré mexicain de dix-sept ans et d’un ancien hercule de foire, refuse de trancher et décide de retrouver l’enfant. Pouvait-il imaginer qu’il allait, par sa curiosité, heurter de plein fouet un monde obscur et terrifiant ?… »


Un véritable coup de coeur, pour ce livre que j’avais pourtant hésité à demander en partenariat…En effet, la couverture avait tout pour plaire…elle est vraiment magnifique, et très intrigante, ainsi que le titre et le 4eme de couverture…

Mais bon, j’avais déjà pas mal de lectures en retard…Ma curiosité l’a emporté…et quel bonheur!!


Rares sont les livres qui me passionnent dès les 1eres pages! Celui-ci m’a happée, dès les 1eres lignes!!!


Les personnages, bien que des arnaqueurs, sont vraiment attachants, vus à travers les yeux du narrateur Diego, alias Ondou, jeune immigré Mexicain recueilli par Schell l’illusionniste et son chauffeur/ garde du corps et complice Anthony ancien hercule de foire. Ces trois là vivent en pleine période de crise aux Etats-Unis, dans les années 30, et vivent grâce à leurs séances de spiritisme qu’ils organisent. Evidemment tout est faux, mais ces séances sont magnifiquement décrites!


Mais un jour, Schell voit une mystérieuse apparition, une petite fille dans le verre d’une fenêtre… Fantôme? Vision? Une farce jouée par ses complices? Où tout simplement son esprit qui lui joue des tours… Mais une petite fille a bien disparue et les voilà embarqués dans une enquête afin de retrouver cette petite fille et découvrir ce qui lui est arrivé.


On se retrouve vraiment immergés dans cette ambiances des années 30, la dépression économique, la prohibition, l’auteur nourrit son récit de faits historiques, nous dévoile des techniques d’illusions, mais il y a aussi de l’amour (ça chauffe même un peu a un moment^^), de l’amitié. Il y a beaucoup d’humour mais aussi d’émotion, et même de la romance. Jeffrey Ford manie tout cela avec brio, et subtilité. L’humour vient souvent relâcher la pression après une scène particulièrement émouvante ou intense.


Les chapitres sont courts, la lecture est très agréable, le récit bien rythmés, les dialogues sont justes à tomber, les personnages originaux. Le trio en soi est déjà assez remarquable, mais à cela vont s’ajouter des personnages secondaires comme la femme-caoutchouc, l’homme-chien, faux fakirs etc…


J’ai beaucoup aimé également l’évolution des personnages, surtout le narrateur, qui devient un homme, découvre pour la première fois l’amour, et qui d’apprenti, de Ondou devient un homme, devient véritablement Diego. Il sort de sa chrysalide, tout comme les papillons très présents, qui passionnent et qu’élève Schell.


A propos des papillons, je vous note un extrait que j’adore…



« Il n’existe pas de meilleur stratagème au monde que celui du papillon. Il s’enveloppe tout nu dans une étoffe, sans rien prendre, vous pouvez vérifier, si vous voulez. Il travaille seul sans jamais quitter son cocon pendant l’exécution de son tour de magie. Le temps passe pendant lequel il se transforme uniquement avec ce qu’il a, rien d’autre que lui même, comme je viens de le dire. Et il ressort complètement différent. Un ravissement volant.

- Et qu’avez vous appris grâce à eux?

- Que simplicité et subtilité font les meilleures arnaques. Qu’une diversion doit attirer l’attention du pigeon vers le haut, en direction du ciel ou d’une meilleure image de lui même. Que la couleur est signe de danger. Qu’il faut essayer de sembler avoir autant d’yeux que possible »


Et un autre qui parle d’amour… ces deux passages sont de très bons passages et très représentatifs de ce qui vous attend dans ce roman…


« - Entre elle et lui, a-t-il ajouté, difficile de dire qui est le pigeon et qui est l’arnaqueur.

- Elle l’a eu.

- Il lui laisse peut-être croire qu’elle est en train de l’avoir.

- Elle lui laisse peut être croire qu’il lui laisse croire qu’elle est en train de l’avoir? Ai-je contré.

- L’amour . Une arnaque si cinglée qu’au moment où la balle est dans le canon, on ne sait pas si on a eu l’autre ou si c’est l’autre qui vous a eu. » 


Il y aurait encore pleins de choses à dire, mais je ne veux pas vous gâcher le plaisir de le découvrir vous-même!

J’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi! Cela faisait longtemps que je n’étais pas tomber en amour d’un livre! Il me semble que la dernière fois que j’ai été autant enchantée par un livre, je devais avoir 15 ans (j’en ai presque 26!!!) et c’était L’écume des jours de Boris Vian , le 1er livre qui m’ait fait pleurer! D’ailleurs, La fille dans le verre m’a fait verser quelques larmes à la fin.


BREF…LISEZ-LE! Quand à moi, je pense tenter d’autres oeuvres de Jeffrey Ford!


Ce qui fait plaisir: La traduction de Gilles Goullet est vraiment très bien! Après avoir passé pas mal de temps le nez dans la Bit Lit cette année, qu’il est agréable de lire des livres avec une véritable qualité d’écriture et une bonne traduction! (j’aime beaucoup la bit lit, mais j’avoue que l’écriture en soit ne casse pas des briques, et les traductions sont désastreuses!)


Merci qui? Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour ce partenariat! Je ne connaissais pas Jeffrey Ford, mais je n’ai qu’une hâte découvrir ses autres romans!!!

Publié dans policier polar roman noir | 7 Commentaires »

 

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