Villa des hommes, de Denis Guedj

Posté par jellybells le 15 février 2011

villa des hommes, denis guedj

 

 « Puis- je vous entretenir d’une crise d’un genre très particulier?… Une crise qui a frappé les mathématiques dans leur chair. Moi qui vous parle, j’ai été responsable de la plus grave crise que les mathématiques ont subie depuis les Grecs ! Vingt-trois siècles parsemés de petits bobos sans conséquence et faciles à soigner. Jusqu’à ce que je débarque. « Crise des fondements », ont diagnostiqué mes confrères. Vous-même Monsieur Matthias, si j’ai bien compris, vous êtes employé, avant la guerre, à saper les fondements de la société. Eh bien moi, on m’accuse d’avoir sapé ceux des mathématiques ! Vous voyez bien que nous ne sommes pas réunis par hasard. « . 1917, en Allemagne. Au soir de sa vie, Hans Singer (inspiré par le mathématicien allemand Georg Cantor, père de la « Théorie des Ensembles « ) est admis en hôpital psychiatrique. 11 y a déjà séjourné à plusieurs reprises mais, pour la première fois, il va devoir partager sa chambre de la Villa des hommes avec un jeune soldat français, conducteur de locomotive, libertaire et  » héros malgré lui « . Ces deux hommes, que tout semble opposer, vont. peu à peu, apprendre à se connaître et lier une amitié – aussi improbable qu’indéfectible. »

 

J’étais vraiment enthousiaste à l’idée de lire ce livre. La couverture ainsi que le résumé m’ont tout de suite séduite. Hélas, je me suis très vite ennuyée! 

Le livre en lui même est très bien écrit. On plonge assez facilement dans l’histoire. L’ambiance, le contexte, le fond historique, l’amitié naissante entre Herr Singer et Matthias Dutour sont très bien décrites. Le vocabulaire recherché, il m’a fallu plus d’une fois ouvrir mon dictionnaire! 

Au début c’est plutôt plaisant à lire, mais très vite les discussions entre les deux personnages sont devenues lassantes. Les théories sur les infinis, les questions qu’ils se posent ect… l’auteur m’a perdu en chemin!! Les mathématiques sont une matière pour laquelle je n’ai aucune affinité, et elles sont bien trop présentes à mon goût.

Je me doutais qu’il en serait sujet, mais à ce point? C’était trop pour moi! 

L’absence de chapitres m’a gêné également. Je trouve que cela manque de rythme. J’ai trouvé le récit monotone, très vite, je n’ai plus trouvé de plaisir, et c’était une corvée d’ouvrir le livre.

C’est vraiment dommage, car la relation entre ces deux personnages est loin d’être inintéressante. En apparence si différents de part leur nationalité (surtout en temps de guerre), leur âge, leur niveau social, leur métier entre autres, ils ont des caractères assez similaires, et tissent une amitié en d’autres circonstances, improbable.

De plus, j’ai apprécié l’humour de l’auteur et j’ai trouvé certaines réflexions que se font les personnages très justes. Il y a beaucoup de très beau passages.

Donc, un avis assez mitigé. Beaucoup de points positifs qui à mon avis sont desservis par la longueur et la monotonie du récit.

« - Moi, là, je portais La Bête Humaine. C’était, je ne sais pas… un porte bonheur.

S’entendant prononcer le mot, il ne put réprimer une grimace.

-Ca m’a échappé, excusez-moi. Je n’aime pas le mot bonheur, il me fait peur. Je le sens comme une menace. Le bonheur, c’est si fragile qu’on passe son temps à avoir peur qu’il… comment vous dire… c’est comme un habit très clair, la moindre petite tâche, il est foutu. »

 

Un grand merci à Livr@ddict et aux éditions point pour ce partenariat! 

 

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Les passagers de la pluie, de Claire Jeannerod Chastan

Posté par jellybells le 15 octobre 2010

Les passagers de la pluie, de Claire Jeannerod Chastan dans contemporaine 2vmbxh4

« David ouvrit la porte et l’odeur le saisit, comme la veille au bord du gué ce relent de poudre à canon et de silex battu. Une lumière hésitante d’aube noyée se levait sur la campagne brune et grise. La rivière hors de son lit avait rejoint les eaux ruisselantes, les eaux jaillissantes, les eaux dormantes et stagnantes, pour ne former plus qu’un immense lac sur lequel flottait la maison comme une île. De la terre gorgée sous les montagnes assommées de pluie, des ravins sonores et de leurs sources renaissantes, des arbres froids inondés jusqu’à mi-tronc, montaient par milliers des petits bruits de goutte à goutte, de ventouses, de succion, de baisers mouillés. L’air saturé d’eau contenait la menace des pluies prochaines, à peine retenues pour un semblant de répit matinal. David resta figé devant ce spectacle, frissonnant sur le seuil au paillasson mouillé. Puis il entendit, à des voix derrière la porte, à des bruits de vaisselle et de chaises déplacées, que du monde s’était levé et s’activait dans la cuisine. »


Une chose est sûre, je ne m’attendais absolument pas à cela !!

Ce livre m’a vraiment surprise. On commence par découvrir le personnage de Béatrice qui est tout sauf sympathique… Elle n’aime pas sa vie, s’intègre mal à sa belle famille et ne parle plus à la sienne. En fait, elle se désintéresse de tout même de ses enfants… Les deux seules personnes qui l’intéressent sont elle et Jonas, son beau-frère qu’elle convoite…


Puis soudain, le récit change. On passe d’un récit à la 3ème personne à une narration du point de vue de sa fille Justine qui nous donne son point de vue de petite fille… Cette dernière nous apprendra que suite à certains évènements, elle ne reverra plus Jonas…


On repasse ensuite à un récit à la 3eme personne qui nous emmène à la rencontre de nouveaux personnages… Mais quel est le point commun ??? Et bien vous verrez ! Je ne peux rien dire de plus au risque de vous gâcher la surprise…


Bonne ou mauvaise surprise ? Difficile de répondre…


Découvrir ce qu’il est arrivé à Jonas m’a vraiment mise en haleine… Et quelle déception !!! Chuuuut ! Je ne dis rien de plus, n’insistez pas !!!


Le début est assez long. On attend… Attend… Attend que les histoires se recoupent… Puis on se dit « Ahhh c’est ça !!! » et enfin on découvre où tout cela nous mène réellement. Personnellement, j’avoue que j’ai été plutôt déçue par le dénouement !


Les personnages sont plutôt survolés (faut dire que c’est très court…170 pages), ils sont en grande partie antipathiques.

J’ai détesté l’épilogue…


Toutefois, je n’ai pas que des mauvaises choses à dire…


En effet, c’est tout de même très bien écrit. Les descriptions sont efficaces et l’ambiance est vraiment prenante. L’intrigue, bien qu’elle m’ait déçue par son sujet, est quand même très bien menée. L’auteur m’a bien eu sur ce coup là et je suis certaine de ne pas être la seule à ne rien avoir vu venir !!


J’ajouterais que l’auteur prend parti. Elle dénonce, accuse, elle ne prend pas de gants avec ses protagonistes et ne les dépeint pas sous leur meilleur jour… A part Colline et les anglais, les autres sont loin d’être de beaux représentants de l’espèce humaine !


Mon personnage préféré est Justine. Le passage où elle raconte une partie de l’histoire est vraiment chouette ! Son point de vue de petite fille est très rafraîchissant !


Voici un extrait du point de vue de Justine que j’ai bien aimé:


« Si les adultes étaient moins compliqués, leurs enfants pourraient les interroger sur leur soucis, et ils soulageraient leur âme en racontant tout. Moi si je demande à maman ce qui ne va pas ou pourquoi elle a l’air triste, elle me répond que tout va bien et que cela ne me concerne pas. Mensonge et injustice. »


Je n’ai pas adoré mais je suis bien loin d’avoir détesté… Autant dire que c’est un calvaire d’écrire mon avis sur ce livre… C’est bien plus facile d’écrire une éloge ou au contraire de « descendre » (j’aime pas ce terme mais j’avais rien de mieux sous la main…) un bouquin !

 

Merci QUI ??? Merci à Livraddict et aux éditions Baudelaire pour ce partenariat ! J’en profite pour parler du support du livre car je ne connaissais pas les éditions Baudelaire et je suis ravie ! Le livre est très beau ! D’ailleurs, c’est la couverture qui m’avait d’abord attirée !

Et merci à Biboo qui a corrigé mes (nombreuses) fautes ;p

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